Nov 08
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Qu’est-ce qu’une coopérative d’habitants?

Selon Habicoop, fédération française des coopératives d’habitants, une société coopérative d’habitants regroupe des personnes qui veulent gérer et améliorer, ensemble, les logements qu’ils occupent dans un même immeuble ou sur un même terrain. Les valeurs fondamentales sont la propriété collective, la sortie du système spéculatif et la démocratie.

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Valeurs fondamentales des coopératives d’habitants selon Habicoop

Les explications qui suivent sont tirées d’un document rédigé par Habicoop pour présenter les coopératives d’habitants.

Propriété partagée

La société coopérative est propriétaire de l’immeuble et le demeure. Les habitants, selon le principe de la double qualité du coopérateur, sont à la fois propriétaires de parts sociales de la coopérative et bénéficiaires de ses services, en l’occurrence locataires de leur logement.

Sortie du système spéculatif

Lorsque le coopérateur part, il récupère ses parts sociales, dont la valeur, encadrée, est déconnectée de celle du bien immobilier. C’est un autre rapport au patrimoine que la coopérative propose : la fonction d’habitat et l’intérêt collectif priment sur l’investissement immobilier et l’enrichissement financier individuel. Ce système permet de sortir durablement un bien de la spéculation en offrant un prix de logement régulé.

Démocratie

Une société coopérative repose sur les valeurs d’égalité, de transparence dans la gestion et de participation de chacun aux décisions. La démocratie s’y applique selon le principe une personne = une voix, quel que soit le nombre de parts sociales détenues.

 

Avantages pour les coopérateurs

Participer

Des habitants se regroupent et conçoivent collectivement leur projet d’habitat. Ils définissent ensemble les caractéristiques de leurs logements et des espaces qu’ils souhaitent partager, ainsi que les valeurs partagées et le fonctionnement de la coopérative. Par la suite, les habitants gèrent ensemble leur immeuble.

Bénéficier d’espaces mutualisés

Buanderie, salle commune, chambre d’amis, jardin, atelier de bricolage, lieu de stockage : les espaces et services en communs facilitent la convivialité. Ils entraînent des économies pour chaque ménage, dans une optique de modération de la consommation.

Nouer des liens avec ses voisins

La vie en coopérative encourage le développement des liens sociaux, les échanges et la solidarité entre voisins. La participation aux décisions dans l’optique du bien commun encourage une véritable coopération de voisinage.

Avoir un budget logement raisonnable et constituer une épargne

Société sans but lucratif, la coopérative propose des logements à leur coût réel. L’implication des coopérateurs y compris dans la gestion de l’immeuble, les efforts de mutualisation et la réduction des intermédiaires permettent de diminuer les coûts. A son entrée, le coopérateur fait un apport initial permettant à la coopérative de contracter un emprunt. Ensuite, il paie une redevance, dont une partie est capitalisée et lui sera remboursée lorsqu’il quittera la coopérative – contrairement au locataire pour qui le loyer n’est qu’une dépense et pas un investissement.

 

Utilité sociale

Respect de l’environnement

Ce n’est pas un vœu pieux mais un constat : les groupes projets, parce qu’ils pensent leur habitat dans la durée, au-delà de l’utilisation qu’eux-mêmes en auront, ne peuvent concevoir qu’une construction écologique. Les économies liées à l’autopromotion leur permettent de financer ces choix. L’originalité de ces projets tient surtout à leur ambition d’être des  »laboratoires d’écologie », où des pratiques quotidiennes responsables se mettent en œuvre, facilitées par l’élan du collectif : facilitation des déplacements non motorisés, dispositifs de tri, recyclage et compost, encouragement à la réparation grâce à la mise en commun d’outils, approvisionnement facilité en produits biologiques et locaux, mise en commun d’objets, etc.
La convergence de tous ces dispositifs engage les habitants dans une démarche citoyenne exemplaire, tout en engendrant des économies à venir non négligeables, dans un contexte où le coût de l’énergie ne peut qu’empirer.

Mixité et accès à tous

Le fonctionnement et les valeurs coopératives favorisent l’intégration de personnes fragilisées, âgées ou handicapées ainsi qu’une mixité sociale basée sur la participation de tous. Souvent posée comme l’un des axes fondateurs du projet, la mixité peut alors devenir une réalité vécue d’échanges et de solidarité, au lieu d’être un impossible équilibre planifié et imposé par les pouvoirs publics. La coopérative, outil de résilience urbaine, apporte une dynamique sociale capable d’emporter avec elle des personnes en difficulté. Financièrement, l’accès aux ménages modestes est rendu possible par la mutualisation des capacités d’endettement ainsi que le recours aux financements du logement social.

Vie de quartier

Des expériences à l’étranger confirment l’efficacité des coopératives pour faire vivre un quartier ou le revitaliser. La dynamique citoyenne en œuvre dans les coopératives d’habitants peut être un levier précieux pour la coproduction des projets de rénovation urbaine et des politiques sociales et de logement des collectivités. Intégrer des coopératives dans les écoquartiers notamment permettrait de donner corps aux objectifs annoncés de participation des habitants.

Efficacité des investissements publics

Les coopératives d’habitants constituent potentiellement un outil efficace pour les politiques publiques d’aide au logement. Du logement social diffus, facteur de réelle mixité, peut être produit par une aide publique limitée car elle intervient dans du logement non spéculatif. De même, les aides au logement porteront sur des loyers maîtrisés. Cette efficacité tient également au principe de subsidiarité : l’intervention publique permet l’émergence du projet et l’accès pour les plus démunis ; les habitants injectent leur énergie et leur désir de créer et de vivre leur projet, ils se responsabilisent pour concevoir et gérer leur habitat et leur vivre ensemble. La solidarité de voisinage et le règlement interne des conflits permettent un premier niveau de régulation, réduisant la nécessité d’intervention sociale. L’approche bottom up permet une appropriation qui se traduit par moins de dégradation des bâtiments et plus globalement du quartier. Enfin, l’investissement public dans des bâtiments à basse consommation énergétique et pour favoriser des pratiques quotidiennes écologiques permet sur le long terme des économies d’énergie et une réduction des pollutions bénéfiques à toute la société.

Cette innovation sociale et locale est une réponse proposée par des citoyens aux problèmes de logement en France, dans une optique de responsabilité et d’esprit d’initiative.